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La transition et l'entrepreunariat
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Remas
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MessagePosté le: 26/01/2012, 08:43    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Porcinet a écrit:
Pour continuer dans le hors sujet, les AMAP !
Ou comment déculpabiliser le petit bourgeois néo-campagnard.
Je suis dégouté, écoeuré. Trop cher !
Ils payent leur jus d'orange bio une fortune, pour engraisser la grande distribution et ils vous ramènent leur gueule enfarinée pour vous dire que vous êtes un peu radin et qu'ils mériteraient bien une petite ristourne !
Enculés de leur ... Je génère un Ca de 60 000 € et je gagne (tout compris) 500 par mois. Je bosse tous les jours, je respecte mes animaux, mes clients et je m'entends rétorquer : c'est trop cher, t'as pas d'intermédiaire ! *
Et oui, moi, gros salaud de profiteur d'un système qui m'engraisse, je prétends vous fourguer ma merde !
Pourquoi continuer ? Pour une vingtaine de clients qui pigent le problème ? Par fierté ? J'en connais qui en sont morts, pendus dans la grange !
Je ne sais plus quoi faire, a quoi bon ? Heureusement que j'ai des gens que j'aime, sinon je crois que je me serais flinguer.




Tiens le coup Porcinet, le printemps va arriver, le moral va remonter.
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MessagePosté le: 26/01/2012, 08:43    Sujet du message: Publicité

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postdave
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MessagePosté le: 26/01/2012, 11:43    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Porcinet,

Je pense que ce qui trompe souvent, c'est l'ordre des priorités qui n'est pas respecté.

On veut convaincre les autres alors que sur certains aspects on doute.
On veut inspirer les autres alors qu'on se cherche encore sur certains points.
On veut argumenter alors qu'on a des lacunes sur certains points.
On veut fédérer des gens malheureux alors qu'on est seuls et nous mêmes en détresse.

Je pense que rien ne t'oblige à faire du semi productiviste avec tes porcs. Tu fais 60 000€ pour te sortir 500 euros. Au lieu de ça, garde tes 20 clients, élèves 20 porcs sur ton terrain de manière autonome, et ça fera pareil.
Ce qui use, c'est la logique productiviste, et la difficulté d'en sortir. Car vraiment à te lire, tu te tue à la tâche pour rien, par d'enrichissement, pas de reconnaissance de tes clients. L'évidence serait de changer.
Pour ma part, je suis encore dans une situation proche de la tienne(dans un secteur complètement différent), mais arrêter est plus difficile, j'ai des employés(7), et une responsabilité envers eux dans ces temps de crise, arrêter signifie les mettre à la rue. Je serais entrepreneur seul je serais devenu paysan depuis longtemps. Et paysan dans le sens de nos grands parents, pas du productivisme agricole.

Bon, alors je dis ça, je connais rien de ton cas précis (juste ce que tu veut bien lâcher). Je t'invite à en dire plus, sur le forum ou par MP, ta situation est tout sauf désespérée. N'envie pas les imbéciles heureux, qui comme les boutons bêlent sa savoir qu'ils vont être égorgés. La conscience est justement ce qui rend la vie passionnante.
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porcinet
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MessagePosté le: 26/01/2012, 19:01    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Je ne suis pas du tout en semi-productiviste, je suis en vente directe. Mais les produits nécessitant transformation (et encore, je le fait moi-même) , comme le cochon, reviennent cher et si tu veux vendre tu ne peux conserver une grosse marge.
Les gens s'imaginent que nous avons de grosses marge car pas d'intermédiaire. Tout est plus cher pour les petits et la qualité : L'alimentation des porcs, la paille, l'abattoir, les bocaux, les boyaux, le sel, les épices, les sacs, les terrines, tout.
Ce qui me tue, c'est un manque de volume, avec 20 porcs de plus par an, 1 de plus à chaque transfo et ça ira mais pour l'instant les charges fixes m'étranglent, de même que l'absence de prêts prévus et non versés qui m'oblige à m'autofinancer dans la construction de ma porcherie.
Une avance de trésorerie serait une bouffé d'oxygène me permettant de mener à bien mon projet.
Une fois les travaux finis, je travaillerais beaucoup moins et plus besoin de faire des extras pour vivre.
Ce qui me dégoute, c'est l'ignorance totale des gens et la manière dont ils se laissent manipuler. Leur égoïsme aussi. Ils sont formatés et rien ne les différencie, tous les même goûts au même moment, les même conversations influencées par la télé. C'est "le meilleur des mondes" sous nos yeux.
Et encore, mes clients ne sont pas les pires.
Après, à fréquenter au quotidien, ça va, mais moi la météo, le foot etc, je m'en fout totalement. Alors je donne le change mais quel ennui !
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postdave
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MessagePosté le: 27/01/2012, 11:35    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

porcinet a écrit:
Je ne suis pas du tout en semi-productiviste, je suis en vente directe.

L'un n'empêche pas l'autre. L'infra structure productiviste est toujours non conviviale (elle ne se finance que part le gigantisme des marchés, l'extension des zones de chanlandises grace à l'énergie bon marché).
Avec un produit à 6 euros le Kilo, pour faire 60 000 euros de CA tu doit dépoter 10 tonnes de produit fini. C'est énorme pour une personne seule et necessite un infrastructure ne tenant que grâce au modernisme.

porcinet a écrit:
Mais les produits nécessitant transformation (et encore, je le fait moi-même) , comme le cochon, reviennent cher et si tu veux vendre tu ne peux conserver une grosse marge. Les gens s'imaginent que nous avons de grosses marge car pas d'intermédiaire. Tout est plus cher pour les petits et la qualité : L'alimentation des porcs, la paille, l'abattoir, les bocaux, les boyaux, le sel, les épices, les sacs, les terrines, tout.

L'alimentation des porcs, tu peux pas en faire une partie toi même ?
Pour les fournitures, il n'y a pas moyen de se regrouper avec tous les producteurs artisanaux ? Genre contacter tous les indépendant en vente directe et vous groupez pour les achats ?

porcinet a écrit:

Ce qui me tue, c'est un manque de volume, avec 20 porcs de plus par an, 1 de plus à chaque transfo et ça ira mais pour l'instant les charges fixes m'étranglent, de même que l'absence de prêts prévus et non versés qui m'oblige à m'autofinancer dans la construction de ma porcherie.
Une avance de trésorerie serait une bouffé d'oxygène me permettant de mener à bien mon projet.

Attention la course au volume, c'est une course sans fin. Et surtout, je pense que l'avenir est plutôt à l'artisanalisation qu'à l'industrialisation.
Attention aux frais industriels, entretient de ton entrepôt, augmentation de matière première (nourriture), qui vont t'obliger à avoir une croissance pour financer les couts progressifs et induits par la logique non conviviale.
L'autonomie en nourriture par ex (patates, pommes) permettrait de réduire le cheptel, vendre du produit mieux travaillé, plus cher, à moins de monde ? J'imagine que tu y a pensé, mais je suis curieux de comprendre pourquoi tu as choisi l'expansion.

porcinet a écrit:

Ce qui me dégoute, c'est l'ignorance totale des gens et la manière dont ils se laissent manipuler. Leur égoïsme aussi. Ils sont formatés et rien ne les différencie, tous les même goûts au même moment, les même conversations influencées par la télé. C'est "le meilleur des mondes" sous nos yeux.
Et encore, mes clients ne sont pas les pires.
Après, à fréquenter au quotidien, ça va, mais moi la météo, le foot etc, je m'en fout totalement. Alors je donne le change mais quel ennui !

Ah bah alors là, je comprends 1000 fois, je vis la même chose.
J'ai solutionné en me disant que je ne pourrais pas sauver tout le monde, je plaint les gens, j'ai une compassion sincère, et surtout j'accepte de ne pas pouvoir les changer, je prie pour que le futur ne soit pas trop rude avec eux, même si ce sera forcément le cas. Et puis au hasard des discutions, des idées que tu envoies germeront parfois même en terrain hostile. Ils jugent avec la tambouille qu'ils ont dans leur tête, ce n'est même pas leur faute. Mais leur jugement ne vaut rien, donc on s'en fou finalement.
Qu'ils soient critique avec ce que tu fais, ils n'y sont pour rien, ils sont formatés ainsi, peut être un jour ils ouvriront les yeux, et peut etre grâce à toi. De ton côté, croit en ce que tu fais, évite les pièges de la modernité et de la microéconomique moderne.
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Crevette
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MessagePosté le: 27/01/2012, 21:12    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Salut Porcinet!

Sans rentrer dans le détail, je te dis: tiens le coup! Je suis moi même au RSA, ayant un jeune verger d'un an sans fruits...
Et je suis assez d'accord avec Postdave.

Mais je ne donnerais aucun conseil. Je n'y connais rien en cochons.

Cela dit, j'ai un collègue à 6kms qui fait sensiblement la même chose que toi.
http://www.eco-gite-penviny.fr/charcuterie_bio.html

Il est venu chez moi avec une tonne à lisier de 12mcub pleine d'eau pendant la sécheresse et a contribué à sauver le verger Okay

Peut être peut il t'aider?

S'il tu le veux et qu'il l'accepte, j'ai son N° de portab. (MP)
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porcinet
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MessagePosté le: 28/01/2012, 09:46    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Avec 80 porcs par an, je doit être le plus petit producteur Français ! Ce n'est pas énorme du tout ! Et hélas je ne peux produire toute la nourriture (pas assez de terrain), même si je récupère plein de fruits et légumes chez mon pote le maraîcher bio. Du petit lait bio aussi.
Mon projet de départ concernait 120 porcs à l'année, je l'ai réduit.
Les producteurs bio que je connais en porc sont tous à la rue avec des prix atteignant le double du mien ! Je ne comprends pas leur démarche car leur coût de revient est sensiblement le même que moi. Ce qui coûte cher, ce n'est pas tellement l'élevage mais la transfo et la vente (même si je groupe le plus possible).
Au prix qu'ils pratiquent, ils ne vendent pas beaucoup. A 10 € le saucisson, j'estime que ces gens n'en on rien à foutre du bio, c'est juste un prétexte pour s'en mettre plein les fouilles ! Mais ça ne marche pas ! Surtout que leur zone de chalandise est la moins peuplée de France ou presque ! Et qu'ils sont trois dans le même coin. Un seul est raisonnable et lui, il vend !
J'ai une réunion la semaine prochaine sur les labos collectif, je vais pousser à la roue pour qu'ils en créent enfin un dans le coin ! Mais ça ne peut-être qu'après avoir trouver d'autres producteurs intéréssés et cette réunion le permettra peut-être.
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Ramite
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MessagePosté le: 29/01/2012, 09:48    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

porcinet a écrit:
Trop cher !
Ils payent leur jus d'orange bio une fortune, pour engraisser la grande distribution et ils vous ramènent leur gueule enfarinée pour vous dire que vous êtes un peu radin et qu'ils mériteraient bien une petite ristourne !
Enculés de leur ... Je génère un Ca de 60 000 € et je gagne (tout compris) 500 par mois. Je bosse tous les jours, je respecte mes animaux, mes clients et je m'entends rétorquer : c'est trop cher, t'as pas d'intermédiaire ! *
Et oui, moi, gros salaud de profiteur d'un système qui m'engraisse, je prétends vous fourguer ma merde !
Pourquoi continuer ? Pour une vingtaine de clients qui pigent le problème ? Par fierté ? J'en connais qui en sont morts, pendus dans la grange !


J'ai connu la même chose avec ma bière. Je faisais un produit haut-de-gamme mais je ne voulais pas le vendre trop cher, par peur d'entendre ce genre de critiques; résultat, je me suis ruiné.
Quand on vend un produit, à plus forte raison si c'est le sien, il faut absolument s'en rendre prétentieux : "je fais un produit de luxe, oui il vaut cher, la qualité ça se paye. Si vous n'acceptez pas mon prix, alors c'est que vous acceptez de consommer des produits de moins bonne qualité. Moi, je fais ce qu'il y a de mieux, donc je vend cher". Et même, je crois qu'il faudrait aller jusqu'à pouvoir dire "j'ai du talent, alors je peux prendre une bonne marge, parce qu'il est normal que les personnes talentueuses gagnent plus d'argent que les personnes sans talent, c'est comme pour les artistes". Les clients qui suivent sont peut-être moins nombreux, il faut étendre son rayon d'action, mais au final ils seront plus réguliers et fidèles, et on aura de meilleures relations avec eux, donc même si ça prend du temps de se créer ce genre de clientèle, je crois que c'est ce qu'il faut viser : le meilleur !
Ne jamais se contenter d'une quelconque médiocrité.
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postdave
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MessagePosté le: 29/01/2012, 10:38    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Ramite a écrit:

Quand on vend un produit, à plus forte raison si c'est le sien, il faut absolument s'en rendre prétentieux : "je fais un produit de luxe, oui il vaut cher, la qualité ça se paye. Si vous n'acceptez pas mon prix, alors c'est que vous acceptez de consommer des produits de moins bonne qualité. Moi, je fais ce qu'il y a de mieux, donc je vend cher". Et même, je crois qu'il faudrait aller jusqu'à pouvoir dire "j'ai du talent, alors je peux prendre une bonne marge, parce qu'il est normal que les personnes talentueuses gagnent plus d'argent que les personnes sans talent, c'est comme pour les artistes". Les clients qui suivent sont peut-être moins nombreux, il faut étendre son rayon d'action, mais au final ils seront plus réguliers et fidèles, et on aura de meilleures relations avec eux, donc même si ça prend du temps de se créer ce genre de clientèle, je crois que c'est ce qu'il faut viser : le meilleur !
Ne jamais se contenter d'une quelconque médiocrité.

ça marche avec les gogo ça Wink
Car le prix élevé n'indique aucunement la qualité. Il peut indiquer, et c'est souvent le cas, des procédés peu efficaces, des couts élevés, une marge élevée.
Demain je peux me lancer dans la fabrication de meubles dans mon garage. Il seront artisanaux. Ils seront strictement identiques mais plus cher que celui du menuisier artisanal du coin qui a d'avantage de machines, et accès à du bois en volume, donc moins cher. Pour survivre je doit vanter une qualité subjective (marketing).

Vendre cher un produit quelconque, c'est possible uniquement grâce au marketing. D'ailleurs ton discours, c'est du marketing de base : valoriser le produit en flattant le client ayant ainsi l'impression d'être exceptionnel (vente VIP). Mais le marketing de l'objet artisanal ou artistique, c'est pareil, ça revient à payer cher un objet quelconque auquel on prête une qualité subjective (artistique).

Je croit au principe de la qualité réelle, quand le juste prix de fabrication, majoré de la marge qu'il te faut pour vivre, rencontre une adhésion naturelle (et lente) du client potentiel, sans avoir d'autre besoin que le bouche à oreille.
Et souvent, si le produit ne rencontre pas sa clientèle, il faut abandonner et faire une autre activité.

porcinet a écrit:

Les producteurs bio que je connais en porc sont tous à la rue avec des prix atteignant le double du mien ! Je ne comprends pas leur démarche car leur coût de revient est sensiblement le même que moi. Ce qui coûte cher, ce n'est pas tellement l'élevage mais la transfo et la vente (même si je groupe le plus possible).
Au prix qu'ils pratiquent, ils ne vendent pas beaucoup. A 10 € le saucisson, j'estime que ces gens n'en on rien à foutre du bio, c'est juste un prétexte pour s'en mettre plein les fouilles !

Pas forcément, ils veulent peut être simplement vivre. Tu voit, tu veux vivre dignement, et tu cherches à faire plus de volume (et forcément, dans l'alimentaire, ça rime avec une baisse de qualité), alors que tu pourrais augmenter tes prix. Les prix de tes concurrents en sont pas choquant, 25 euros le kilo c'est dans la moyenne. Il faut raisonner en zone de chalandise. Tu vendras pas du saucisson à ce prix là dans une région ou tout le monde ou presque tue le cochon. C'est comme pour les oeufs, proche des villes les particuliers vendent leurs surplus d'oeufs à3 euros la douzaine, et en pleine zone rurale, 1 euros la douzaine, car presque tout le monde a des poules.
Peut être devrait tu bosser le circuit de vente, approvisionner un magasin bio en ville et vendre sur internet, ou ton produit partira facilement aux prix que tu trouves prohibitifs en zone rurale.
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porcinet
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MessagePosté le: 29/01/2012, 22:41    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Je ne baisse pas la qualité puisque je travaille de la même façon. Je pense que je vais même l'améliorer. Je suis dans une zone touristique et je vends aussi en ville.

Je n'ai pas dit que j'avais un problème de marge mais que la clientèle s'imagine que j'ai une marge énorme.
A 80 porcs, je suis à l'équilibre car je baisse mes charges et je garde mon prix. Et encore un fois 80 porcs, c'est le minimum pour espérer en tirer un salaire et je met quiconque au défi de trouver quelqu'un qui en fait moins ! 30 journées de transfo par an ! Ce n'est rien, à titre d'exemple, une charcuterie de quartier classique (il n'y en a plus ou presque) transforme une vingtaine de porcs par semaine.
Vendre cher est aussi un peu élitiste, je trouve. Il faut un juste prix.
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Cicyle
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MessagePosté le: 29/01/2012, 23:00    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Postdave a raison pour les circuits de vente. Il faut trouver le consommateur qui est prêt à payer le prix pour la qualité, et pas forcément au bobo gogo près de chez soi.
De plus , à force de consommer de la merde, le client ne sait pas forcément reconnaitre et apprécier la qualité.

Exemple concret : j'ai acheté de la bière à Ramite à x € au marché lorsqu'il en vendait. (Je ne le connaissais pas encore et encore moins ce forum).
Juste pour gouter une bière artisanale brassée à Vic. Sa bière, perso, je la trouvais chère (excuse Ramite ma franchise).
Je l'ai trouvée bonne aussi.
J'avais bien saisi que c'était un petit producteur, qu'il avait des charges et que sa bière, vu le travail qu'elle lui avait donné et la qtté qu'il avait brassé, elle lui revenait chère et que finalement, elle n'était pas si chère que ça.

Le problème, c'est que comme beaucoup de clients, je n'étais pas en mesure d'apprécier la qualité, n'étant pas une passionnée de la bière.
Et du coup, la bière de supermarché est moins chère mais suffisante pour nos goziers de mécréants.
Idem pour le saucisson.

Moralité, on dépense une fortune pour bouffer et boire de la merde mais on trouve la qualité trop chère. Alors que si on bouffait moins de merde, on aurait plus d'argent.
Et quand on a pas trop d'argent, on est condamné à la merde : 1 saucisson à 10 euros, c'est une fortune mais bon si on dépensait moins en conneries diverses made in china. Nous sommes des cons-sommateurs et Porcinet peut tirer sur nous sans sommation !!!
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porcinet
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MessagePosté le: 30/01/2012, 07:30    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

C'est pour ça qu'il ne faut pas exagérer ses prix. Il est normal d'avoir une bonne marge mais croire qu'un agriculteur peut devenir riche en vente directe sans devenir quasi-industriel, c'est du rêve.
En porc, ceux qui sont proches de chez moi travaillent au moins 10 porcs/semaine soit plus de 500/an. Le problème n'est pas la transfo qu'il est facile de faire de qualité même en grosse quantité mais l'élevage qui n'a rien de paysan. Ces gens là ont 5000 porcs à l'engraissement.
Pour Postdave, le porc n'est pas le bovin, si je fais les naissances, cinq truies suffisent à ma production annuelle. Un naisseur Breton, c'est 500 truies, et 10 000 bêtes à l'engraissement !
Si, comme tu le suggère, je devais tourner avec 20 porcs, il faudrait vendre au prix du caviar !
Les collègues bio veulent tous monter leur propre labo et tourner à 300 porcs car on leur à dit que c'est comme ça ! Avec une structure collective et avec une autre ambition que celle de devenir riche, on peut s'en sortir mais pas en dessous de 80/90 porcs à l'année.
Je précise aussi que ceux qui tournent à 500 porcs vendent aussi des bêtes sur pied et ont aussi un élevage à primes derrière ! Leur charcuterie n'a de fermière que le nom !
En général, ce sont de gros FNSEA qui veulent du pognon et je vois les jeunes en bio, ils ne pensent qu'au pognon (pas tous mais beaucoup).
A 80 porcs, il ne faut pas rêver, ton salaire sera de 700 € mensuels mais pour moi, cela suffit amplement.
Ceux qui margent beaucoup vous volent et ceux qui rattrapent par le nombre font de la merde et ceux qui font les deux (la majorité) vous volent avec de la merde.
La qualité à un prix mais faut pas déconner, c'est du cochon.
Sélectionner des clients riches, c'est pourri, les pauvres n'ont donc que le droit d'acheter de l'industriel.
Rester petit en polyculture élevage est encore possible pour les gens installés depuis longtemps, les nouveaux sont soumis à de telles contraintes qu'on les incite au productivisme.
Les projets de vie avec 20 chèvres et fromages affluent dans les chambres d'agriculture mais à ce stade le seuil de rentabilité n'est jamais atteint, les charges fixes sont trop importantes par rapport au CA.
Ils interdisent tout ce qui est gratuit, obligent tout ce qui est cher. Les lois servent à favoriser les gros et éliminer les petits. Heureusement que le dernier pack hygiène Européen est influencé par les Grecs et Portugais, il y a obligation de résultat et non plus de moyen. Incroyable mais cette loi est passée malgré le lobbying intense pratiqué par les gros industriels de l'agro-alimentaire.
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postdave
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MessagePosté le: 30/01/2012, 08:48    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Peut etre bine, j'ai aps tous les éléments. Dans l'absolu, quels sont les charges pour 20 porcs ? Abattage + transfo ? Car si tu les nourri toi même, c'est a priori la seule charge. Les clients viennent chez toi pour acheter, ou tu fais une tournée (voir mieux AMAP). Combien coute l'abattage ?
Sur 20 carcasse de 100kg, avec 60kg de viande par carcasse, ça fait quand même 1,2 tonnes de viande.

En terme de prix, tu ne va pas concurrencer LIDL. Vendre un animal malade ou un animal sain, il y a quand même une différence notable. Les pauvres sont de toute façon condamné déjà à manger de la merde. Quand je voit dans le lotissement HLM voisin, des gens qui vont aux RSA / restau su coeur et dont leur 200m2 de terrain est en friche là ou ils pourraient faire pousser une tonne de truc, je me dit que d'un sens, ils le veulent bien. Quand on fait une distrib locale, ce sont les produits déjà tout prêt qui s'arrachent en premier, tout juste si les gens décrochent leur oreillette bluetooth pour te dire leur nom à consigné sur le registre de distrib. Comment veux tu communiquer avec ces gens là ? Ce n'est pas possible, tu ne vantera pas un produit, et de toute façon on ne peut pas seul les faire sortir de la matrice dans laquelle le système les a englués.
Le porc doit de toute façon écologiquement devenir un produit de luxe, de consommation rare voir festive.
Mon grand père, paysan, ne donnait pas de patates aux cochons, car les patates étaient trop précieuses. Il donnait les épluchures.
L'élevage du porc est un élevage absolument pas durable, ils faut trop de nourriture végétale pour produire trop peu de nourriture animale.
Imagine tu augmentes ton nombre de tête, tu te fragilises. Ton avenir est alors suspendu à une hausse de tes charges, de l'appro alimentaire, des lois européennes sanitaires, a une maladie due à la densité d'élevage plus importante, à une perte de pouvoir d'achat subite de tes clients.
Ce n'est pas résilient du tout. Tous les gros de la filière tomberont en premier, et tous tomberont par ordre d'importance, les plus gros en premier. Rester petit doit être dur aujourd'hui, mais c'est aussi un gage de survie à terme.

Je demanderais au gars chez qui j'achète le saucisson combien il a de porcs. Je paye 9,5 euros le kg. Ses porcs vivent dans des sortes de yourtes, sur 2 parcelles mi prairie mi bois. A vue de pif, il doit pas en avoir plus de 50. Tout sont stock est réservé 2 mois à l'avance. Les gens font 50km depuis la ville (200 000 hab), et il livre les particuliers et restau une fois par semaine en faisant une grande tournée. Il a financé un petit labo (doit faire 80m2 à tout péter le bâtiment) avec 4 autres producteurs du coin. Après je connais pas les détails chiffrés, mais tout le monde l'aime ce gars, et il ne semble pas malheureux. Est il exemplaire, je ne sais pas. Y a t il des points que j'ignore, c'est possible aussi.

Tout ce que je dis, c'est qu'étendre une production d'élevage animal, avec ce qui se présage, ça me semble à contre temps. Tout ce que je dis, c'est valable dans toute business, c'est chercher un point d'équilibre à échéance est devenu dérisoire vu que le contexte, les cout, les externalités sont en changement constant. La crise du crédit qui touche la PME depuis 3 ans et qui s'amplifie comme jamais depuis 6 mois, est en soit une révolution silencieuse qui met par terre 95% des business plans établis en France. Les plus résilient survivront, dans la vie personnelle, et dans les vie pro, les plus résilient dureront plus longtemps.
Bine entendu la polyculture élevage difficilement tenable aujourd'hui, mais c'est la seule voit résiliante à terme.

Après pour sauver le maximum de gens, je ne voit que la pédagogie douce, lente, et forcément il ne sera pas possible de sauver tout le monde.
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porcinet
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MessagePosté le: 30/01/2012, 09:43    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

L'abattage en abattoir agrée est d'environ 40 €/porc (c'est au poids), la location labo plus les bocaux, épices, boyaux environ 400 €/porc, plus frais d'etiquetage, telephone, livraison environ 30 €/porc.
Le problème c'est qu'avec un volume de 60 000 € les charges fixes m'étouffent alors qu'avec 90 000 €, elles ne sont plus un problème et un porc de plus à chaque abattage et celui-ci est quasi-gratuit en charges variables.
Je travaille vite et hors-horaire (avec la permission du chef d'atelier (j'arrive à 6h30 le matin et le labo ouvre officiellement à 9h) sinon pour les autres producteurs (beaucoup) les frais sont plus élevés). Très peu font tout eux-même, ils ne savent pas découper et trier la viande ce qui pour moi est l'essence même du métier.
Avoir son propre labo est un investissement énorme qui oblige à produire encore plus et fait prendre de gros risques. Moi, si j'arrête, je vends mon stock, mon matériel et je garde la maison et même un peu d'argent !
Mon rêve était une ferme auberge où là, j'aurais pu tourner avec 20 porcs, de la volaille et un grand potager mais c'est pareil, l'investissement nécessaire condamne à la surproduction.
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porcinet
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MessagePosté le: 30/01/2012, 10:18    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Sinon, je suis entièrement daccord avec toi mais les contraintes sont telles qu'il faut prendre des chemins détournés. Ne confond pas nombre de porcs sur l'exploitation et nombre de porcs tués à l'année !
Je n'ai jamais plus de 50 porcs sur l'exploit et après ce sera 70. Ton gars, il a du terrain, un labo à plusieurs (mon rêve) et 9,50 il doit passer ses truies de réforme en saucisson (ce qui est très bien). C'est mon but plus tard mais là je baisse mon prix parce que je le peux, comme lui ! Pour l'instant, c'est impossible mais à terme oui.
Le problème est de passer la crise de liquidités, va finir un bâtiment en auto-financement ! 9a fait trois ans que j'avance doucement à cause d'un prêt refusé (pourtant prévu dans le plan de financement).
Mon métier me plait, ce qui me chiffonne c'est plus le fait que nombre de gens (clients ou jeunes qui veulent faire pareil) s'imaginent que c'est la panacée.
J'ai travaillé une clientèle fidèle, attachée au produit mais il faut vendre les gros volumes de bocaux aussi et pour ça, il faut du marketing, seule l'image compte, sur les marchés, ceux qui tournent sont les bons commerciaux et pas forcément les bons produits. Je déteste cela mais je suis plutôt doué (10 ans de bar/restaurant).
Si je voulais vraiment gagner de l'argent, je sais comment faire ! Il suffit de n'avoir aucun scrupule. Produire de la qualité sans étouffer le client, en gagnant honnêtement sa vie par rapport au travail fourni me suffit, et même me ravit. Mais, hélas, la majorité des gens ne comprend rien et se fait empapaouter dans la joie et la plus complète approbation.
La merde est très chère si on compte tout. Perso, je n'achète presque rien mais je ne prends que de la qualité et qu'à des producteurs locaux et au pire à des distributeurs locaux (pour mes antibiotiques et mes hormones de croissance !).
Je m'inscris dans une démarche intermédiaire, transitionnelle en quelque sorte car comme tu le dit, l'élevage porçin n'est pas très résilient, mais si on supprime la production de masse pour privilégier le moins mais mieux, on est sur la bonne voie.
Ceci-dit, si je trouve du terrain, l'autonomie alimentaire est possible. J'ai déjà une partie d'assurée par le petit lait bio de mon pote et les légumes de mon autre pote. Plus des patates (très contraignant car à cuire). Je ne donne que les pommes de terre abimées réservant les belles à la consommation humaine. Je rajoute des châtaignes à l'automne quand j'ai le temps d'en ramasser beaucoup.
Le porc est aussi une formidable machine à recycler nos déchets, l'inconvénient c'est que de nos jours les déchets sont nombreux mais à trier car donner de la merde aux cochons, c'est pas bon. De toutes façons, les déchets de cuisine sont interdits. Pas les déchets de production.
Notre société ne permet pas de réaliser pleinement ses rêves, ils sont toujours amputés d'une partie. Quelques-uns y arrivent mais Rome ne s'est pas faite en un jour.
Un jour, j'aurais pu aménager ma grange, acheter du terrain, diversifier ma production avec peu de bêtes de chaque sorte et surtout un équilibre écologique. Mais avant il faut passer par la phase investissement, production, pognon même un peu.
Mais je crois que ce qui nous attend va remettre en cause pas mal de choses et mon projet risque de se terminer d'une autre manière. Pas forcément à mon désavantage et plutôt en allant vers une vraie agriculture de village, écologiquement responsable en fonction des ressources disponibles.
Une vingtaine de porcs, une trentaine de brebis, 10 vâches, quelques ânes, volaille et lapins. Beaucoup plus de culture. Cela changerait des 500 hectares pour 500 vâches !
Avec reboisement, collectivisation des moyens de production. Le four banal est super économique par rapport à 30 fours individuels.
Réfection des moulins, réduction de la surface habitable au profit de surfaces de stockage et production.
J'ai plein d'idées mais personne ne me suivra dans l'état actuel des choses.
Les anciens sont les plus motivés et les premiers à déplorer le sort que réserve l'agriculture moderne à la nature. Ce sont aussi mes meilleurs clients et eux comprennent le boulot et le prix !
Le plus dur avec eux, c'est leur faire oublier quelques techniques nuisibles mais globalement ça va.
Merci pour vos réponses.
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MessagePosté le: 30/01/2012, 18:42    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat Répondre en citant

Le circuit de vente est déterminant.
Celui de l'AMAP me semble un bon complément.
Dans la mienne, nous avons une commande Viande. Une sorte d'achat groupé. Le paysan sait à l'avance ce qu'il doit amener (géré par un militant de l'AMAP), et il vend la totalité + ce qu'il amène en sus (confiture, gateau , farine, etc...).
Je vais me renseigner pour savoir l'enveloppe de ce qu'il recoit sur 1 voyage, pour te donner une idée de ce qu'il peut faire sur une petite AMAP. Mais le déplacement vaut le coût, assurément.

Attention, le prix au Kg est imbattable, mais comme il fait des lots de 4-5 kg ou plus, je pense qu'il rentre largement dans ses frais, notamment parce que c'est en vente direct, sans perte, sans intermédiaire. Compter 2 heures de distribution, et l'aller retour.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:21    Sujet du message: La transition et l'entrepreunariat

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