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[Capital] Qui possède qui ?

 
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MessagePosté le: 07/05/2012, 11:04    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ? Répondre en citant

Ci dessous la reproduction d'un article de synthèse sur une étude publié par l'Ecole Polytechnique de Zurich en septembre 2011 (Source : médiapart)

Citation:
Trois chercheurs suisses ont réalisé la cartographie des possesseurs du capital des 43 000 multinationales de la planète ; ils aboutissent à 147 sociétés, essentiellement financières, et estiment que cette hyperconcentration fragilise tout le système. Question subsidiaire : c'est quoi le « marché libre » et la « concurrence non faussée » dans ces conditions ?

Stefania Vitali, James Glattfelder et Stefano Battiston sont tous trois chercheurs de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich. Ils ont voulu identifier les principaux détenteurs du capital mondial. Pour cela, ils sont partis de la base de données Orbi 2007 qui référence 37 millions d'entreprise et d'investisseurs ; ils ont retenu celles qui présentent les caractéristiques d'une multinationale, selon la définition de l'OCDE, l'Organisation pour la coopération et le développement économique, soit 43 000 firmes. Ils ont cherché les liens de détention d'actions, plus d'un million de liens et 600 000 acteurs. Ils ont défini le degré de contrôle du capital (détention de majorité d'actions ou détentions minoritaires) et procédé à une carte des principaux détenteurs. L'étude, The network of global corporate control, a été publiée fin 2011 dans la revue scientifique en ligne PlosOne ( voir le site Plosone.org et le dossier du journal Le Monde du 29/11/2011, signé Antoine Reverchon). Nos trois chercheurs arrivent à la conclusion que 737 firmes, par le biais de leurs participations, contrôlent 80% de la valeur (en chiffres d'affaires) du total ; que 147 firmes contrôlent 40% de ce total. Il s'agit, pour les trois quarts, de sociétés financières qui ont tissé entre elles un réseau si dense de participations croisées, une sorte de contrôle mutuel, qu'ils parlent de « super-entité économique dans le réseau global des grandes sociétés ».

Les trois chercheurs ont procédé à une carte de ces principaux détenteurs du capital, de cette « super-entité » qui ressemble à un nœud papillon, très resserré au cœur, là où figurent les firmes les plus interconnectées (18,7% du chiffre d'affaires), avec des liens plus « univoques » sur les ailes. Le cœur comporte 1 318 points qui sont autant de multinationales, et 13 000 liens capitalistiques entre elles. L'enquête signale une sorte de farandole entre les principales firmes financières, les unes liées aux autres, Franklin Ressources avec Commerzbank, cette dernière avec le Crédit Suisse, et ainsi de suite ; défile toute la haute galaxie de l'argent : Crédit Suisse, Deutsche Bank, UBS, T. Rowe Price, Lehman Brothers, Bear Stearns, Goldman Sachs, State Street, Bank of America, Citigroup, Morgan Stanley, Prudential Financial ; chacune d'elles entretenant souvent des liens étroits avec Axa, Merril Lynch, Barclays ou JP Morgan.

L'étude a suscité de multiples critiques, souvent de la part des milieux bancaires ou proches de la finance... Les uns estiment que le processus de contrôle serait plus complexe que le mécanisme décrit dans l'enquête : détenir une action ne signifierait pas forcément contrôler, les problématiques de la gouvernance permettrait de contre-balancer les pouvoirs des actionnaires, il y a des administrateurs « indépendants », etc. On euphémise, on banalise, on trouve «  normal » que tout le monde fréquente, comme si c'était un passage obligé, quelques établissements précis « dans la mesure où ceux-ci détiennent les instruments de financement que tous les investisseurs utilisent », etc. D'autres assurent que l'interconnexion entre toutes ces firmes est devenue telle (selon le « principe » du « je te tiens, tu me tiens... ») qu'elle interdirait de fait l'explosion du système : on passerait du too big to fail (trop gros pour faire faillite) au too connected to fail (trop connecté pour faire faillite). D'autres avocats du système parlent de (et théorisent sur) une concentration « naturelle » du marché qui expliquerait cette unification, ce à quoi l'un des chercheurs répond que « ce qui est naturel n'est pas forcément bon pour l'économie et pour la société. »

Une super-entité

Plus généralement, les trois auteurs font deux remarques d'importance.
« Notre travail a montré, pour la première fois à l'échelle mondiale, l'existence d'une super-entité au sein du réseau mondial des grandes entreprises. […] Cette découverte soulève au moins deux questions […] fondamentales pour la compréhension du fonctionnement de notre économie : premièrement, quelles sont les implications pour la stabilité financière mondiale ? »

On remarquera que l'étude a été réalisée en 2007 ; l'année suivante, la faillite de Lehman Brothers montrait, grandeur nature, les risques de déstabilisation générale entraînée par la chute d'un des éléments clés du système ( Lehman en effet était classé au 34e rang de la finance mondiale dans cette étude).

« Deuxièmement, notent ces chercheurs, quelles sont les implications pour la concurrence sur les marchés ? » Bonne question. Cette étude a le mérite de quantifier le processus bien connu de concentration capitaliste ; celle-ci peut atteindre dans certains pays des proportions formidables. En Corée du Sud, les deux plus grandes sociétés (Samsung et Hyundai) représentent 35% des exportations totales et leurs ventes s'élèvent à 22% du PIB. Au Japon, les dix premières entreprises font 35% des exportations. Aux USA, les 50 premiers groupes représentent 30% du PIB. Et la concentration dans le milieu bancaire est encore plus marquée. 96% du marché des produits dérivés est contrôlé par trois institutions bancaires. Il n'est pas rare qu'une banque ou qu'un fonds spéculatif gère plus de 1 000 milliards d'euros d'actifs, note le professeur Gabaix de l'Univer­sité de New York. Notons encore que les vingt plus grands gestionnaires de fonds (actions, obligations, produits dérivés, immobilier), fin 2010, disposaient d'actifs dépassant 26 300 milliards de dollars.

Bref un petit nombre d'entreprises exercent un contrôle significatif sur l'activité économique. Les États sont-ils suffisamment armés face à de telles puissances ? « Ils ne possèdent pas une information suffisante sur les réseaux financiers » estime le même Gabaix, qui ajoute : « Comme les contrôleurs aériens, les Banques centrales et les États doivent observer en temps réel la situation des acteurs majeurs du réseau économique, demander des changements ponctuels pour éviter les crashes » mais il doit bien constater que la puissance publique n'est pas vraiment en mesure de le faire, faute d'information, d'évaluation, de moyens.

Les 50 premières

Classement des sociétés selon leur degré de contrôle du capital des multinationales.
L'étude est de 2007 ; apparaît en 34e position Lehman Brothers, failli en 2008. On remarquera le poids des firmes américaines (23/50) et britanniques (6) mais aussi le score non négligeable des françaises, à la 4e, 17e, 24e, 37e et 46e place.

Barclays PLC (GB), Capital Group Companies (USA), FMR Corp (USA), AXA (France), State Street Corporation (USA), JPMorgan Chase&Co (USA), Legal&General Group PLC(GB), Vanguard Group (USA), UBS AG (Suisse), Merrill Lynch&Co (USA), Wellington Management Co LLP (USA), Deutsche Bank AG (Allemagne), Franklin Ressources (Suisse),Credit Suisse Group (Suisse), Walton Enterprises LLC (USA), Bank of New York Mellon Corp (USA), Natixis (France), Goldman Sachs Group (USA), T. Rowe Price Group (USA), Legg Mason (USA), Morgan Stanley (USA), Mitsubishi UFJ Financial Group (Japon), Northern Trust Corporation (USA), Société Générale (France), Bank of America Corporation (USA), Lloyds TSB Group (GB), Invesco PLC (GB), Allianz SE (Allemagne), TIAA (USA), Old Mutual Public Limited (GB), Aviva PLC (GB), Schroders PLC (GB), Dodge&Cox (USA), Lehman Brothers Holding (USA), Sun Lifs financial (Canada), Standard Life PLC (GB), CNCE (France), Nomura Holdings (Japon), The Depository Trust Company (USA), Massachusetts Mutual Life (USA), ING Groep NV (Pays Bas), Brandes Investment Partners (USA), Unicredito Italiano SPA (Italie), Deposit Insurance Corporation of JP (Japon), Vereniging Aegon (Pays Bas), BNP Paribas (France), Affiliated Managers Group (USA), Resona Holdings (Japon), Capital Group International (USA), China Petrochimical Group (Chine).

Les dix premiers gérants de fonds classés par encours sont : BlackRock (USA), State Street Global (USA), Allianz Group (Allemagne), Fidelity Investments (USA), Vanguard Group (USA), Deutsche Bank (Allemagne), Axa Group (France), BNP Paribas (France), JP Morgan Chase (USA), Capital Group (USA).

La Revue du Projet, n° 15, mars 2012


L'étude originale (en anglais) est disponible ici
Voir en particulier page 33 le listing où apparaissent les niveaux de contrôle/intégration des 50 premières multinationales

Paul Jorion, en septembre dernier s'était fait l'écho de cette publication.
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MessagePosté le: 07/05/2012, 11:04    Sujet du message: Publicité

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Remas
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MessagePosté le: 08/05/2012, 10:30    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ? Répondre en citant

Hum hum... C'est concentré tout ça.
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Ramite
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MessagePosté le: 08/05/2012, 11:48    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ? Répondre en citant

Ce qui serait surtout intéressant, c'est de voir les gens qui sont derrière ça, sans doute une poignée également, au niveau mondial.
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Alter Egaux
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MessagePosté le: 22/05/2012, 19:21    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ? Répondre en citant

Voici la page 33 du document, très instructif :



Je savais qu'Axa était loin devant, mais pas que Natixis, la SocGen et la BPCE était devant la BNP. Pourtant, lors des financements occultes (Rwanda et françafrique), la BNP n'est pas en reste.
Pas de trace du Crédit agricole, candidat donc à un démantèlement en règle, comme Dexia, très probablement.

Je ne connaissais pas The Capital Group of Companies, et sa fiche Wiki est assez instructif, notamment celui en anglais :

Citation:
Capital Group of Companies est un des plus grands organismes de gestion d'investissement (fonds de pension) dans le monde. On connaît peu à son sujet parce que la compagnie évite la publicité. La société a été fondée en 1931 par Jonathan Bell Lovelace pendant la Grande Dépression économique. Leur famille de fonds inclut l'"American place" et "les fonds internationaux capitaux". Elle s'engage également dans des investissements de portefeuille privés.


Aucune fiche actuellement en espagnol l'a concernant. Etrange...

Trouvé sur le blog de Paul Jorion :

Citation:
Résumé : la structure du réseau de contrôle des multinationales affecte la concurrence sur le marché global et la stabilité financière. Jusqu’ici, seuls des échantillons nationaux modiques ont été étudiés, et aucune méthodologie appropriée n’avait été développée pour valider globalement le niveau de contrôle. Nous présentons la première investigation de ‘architecture du réseau international de propriété, accompagné du calcul du niveau de contrôle détenu par chacun des acteurs globaux. Nous trouvons que les multinationales (« transnational corporations ») forment une structure de nœud-papillon géante, et qu’une grande part du contrôle est drainée vers un cœur tissé serré d’institutions financières. Ce cœur peut être vue comme une « super-entité économique » dont l’existence soulève de nouvelles et importantes questions tant pour les chercheurs que pour les organes d’élaboration des politiques (« policy makers »).

Introduction
Une intuition courante parmi les universitaires et dans les médias fait se représenter l’économie globale comme dominée par une poignée de multinationales (TNC = Trans National Corp.) puissantes. Toutefois, des chiffres explicites ne sont pas venus confirmer ni infirmer une telle intuition. Une enquête quantitative n’est en rien triviale car les firmes exercent un contrôle sur d’autres firmes via une toile de relation de détentions directe ou indirectes qui s’étend sur de multiples pays. De ce fait émerge le besoin d’une complexe analyse de réseau si l’on veut mettre à découvert la structure de controle et ses implications. Récemment, la littérature universiaire s’est penchée avec une attention croissante sur les réseaux économiques [2] que ce soit les réseaux de commerce [3], de produits [4], de crédit [5,6] de prix sur bourses [7] et de conseil d’administration/ de direction [8,9]. Cette littérature a aussi analysé les réseaux de détention d’actifs[ ] mais a négligé la structure de controle à l’échelle globale. Même la littérature sur la gouvernance d’entreprise globale n’a étudié que des petits groupes d’entrepreneuriat nationaux[12].
Certes, il est intuitif que chaque grande entité multinationale a une pyramide de filiales sous elle et une palanquée d’actionnaire au dessus d’elle. Toutefois, la théorie économique n’offre pas de modèle qui prédise comment les TNCs se connectent globalement les unes aux autres. Trois hypotheses alternatives peuvent être formulées. Les TNCs peuvent rester isolées, agrégées en coalitions séparées, ou former une composante connectée géante, plausiblement avec une structure coeur-périphérie. Pour l’instant, cette question est demeurée vierge d’enquête, nonobstant ses importantes implications pour la chose politique. Notamment, des relations de détentions mutuelles entre firmes du même secteur peuvent, dans certains cas, mettre en danger la concurrence {{libre et non faussée Note du bloggeur}} sur les marchés [13,14]. Qui plus est, le tissage de liens parmi les institutions financières a été reconnu comme ayant des effets ambigus vis à vis de luer fragilité financière[15,16].
La vérification du degré auquel ces implications se vérifient dans l’économie globalisée est per se un domaine de recherche inexploré, et est au-delà du but de cet article. Toutefois, un prérequis nécessaire à de telles enquêtes est de mettre à jour la structure du controle des multinationales ou des grandes sociétés à l’échelle mondiale. Ceci n’a jamais été accompli auparavant et est le but du présent travail

Méthodes:

La détention {d’actif?} se réfère à une personne ou à une firme possédant une autre firme en tout ou partie. Notons W la matrice de détention, où la composante W_ij dans l’intervalle [0,1] est le pourcentage de détention du détenteur (ou actionnaire) i dans la firme j. Ceci correspond à un graphe directement pondéré {les matheux purs corrigeront merci} avec les firmes représentées comme nœuds/sommets et les liens de détention comme arcs/arêtes. Si, à son tour, la firme j détient W_jl parts de la firme l, alors la firme i possède une détention indirecte de la firme l (Fig 1A). Dans le cas le plus simple, cela revient trivialement au produit des parts de détention directe W_ij W_jl. Si nous considérons maintenant la valeur économique v des firmes (p ex les recettes d’exploitation en dollar USD), un montant W_ij v_j est associé à i dans le cas direct et un montant W_ij W_jl v_l dans le cas indirect. Ce calcul peut être étendu à un graphe générique avec des réserves {caveat} importantes à respecter toutefois [17, SI Appendix Secs3.1 3.2].
Chaque actionnaire a droit a une fraction du surplus d’exploitation de la firme (dividende), et à une voix dans le processus de décision (p ex des droits de votes aux AG des actionnaires). Ainsi, plus grand est la part détenue W_ij dans une firme, plus grand est le degré de contrôle associé sur cette firme, qu’on note C_ij. Intuitivement, le contrôle correspond à des chances de voir son propre intérêt prévaloir dans la stratégie de business de la firme. Le contrôle C_ij est habituellement calculé à partir de la détention avec une simple règle de seuil. L’actionnaire majoritaire a le plein contrôle. Dans l’exemple de la figure 1 C D , ceci donne C_ij =1 v_j dans le cas direct et C_ij C_jl v_l= 0 dans le cas indirect. A titre de test de robustesse, nous avons testé des modules plus précautionneux où les minorités gardent un certain contrôle (voir SI Appendix Sec. 3.1). Par analogie avec la détention, l’extension à un graphe générique est la notion de « controle de réseau » :
C_i \net = Somme sur j des C_ij v_j + somme sur j des C_ij c_j \net.
Ceci additionne la valeur contrôlée par i à travers ses parts dans j avec la valeur contrôlée indirectement par le réseau de contrôle j. Ainsi, le contrôle de réseau représente la quantité totale de valeur économique sur laquelle i a une influence (p ex c_i\net =v_j + v_k dans la figure 1D).

Du fait des liens indiercts, le drainage vers l’amont de plusieurs firme peut avoir pour résultat que certains actionnaires deviennent très puissants. Toutefois, et particulièrement dans les graphes avec multiples cycles, la formulation détaillée ci-dessus de c_i\net sur-estime sévèrement le contrôle assigné aux acteurs dans deux cas : les firmes qui font parties de cycles (ou les structures de participation croisée, échanges d’action), et les actionnaires qui sont en amont de ces structures là. Une illustration du problème sur un réseau simple à titre d’exemple, ainsi que les détails de la méthode, son indiqués enSI Appendix, Secs 3.2 3.4. Une solution partielle pour les petits réseaux est rapportée dans [18]. Des travaux précédents sur les grands réseaux de contrôle ont utilisée une méthode différente de construction du réseau et ont totalement négligé cet aspect [11, SI appendix Secs 2 and 3.5]. Dans cet article, sur la base de [11], nous développons une nouvelle méthodologie pour surmonter ce problème de surestimation du contrôle, qui peut être employée pour calculer la valeur du degré de contrôle au sein de large réseaux.

Résultats
Nous commençons par la listes des 43060 TNCs (trans nat corp) identifiées selon la définition de l’OCDE, prélevée à partir d’un échantillon d’environ 30 millions d’acteurs économiques contenus dans la base de donnée Orbis 2007 (voir SI Appendix Sec.2). Nous appliquons alors une recherche récursive (Fig. S1 et Appendix 1), qui, pour la première fois à notre humble connaissance; individualise le réseau de tous les chemins de détentions partant de et allant vers les TNCs (Fig. S2). Le réseau résultant contient 600508 nœuds et 1006987 arcs (liens) de détention (participation).
Notez que ce jeu de données diffère fondamentalement de ceux analysés dans [11] (qui n’a considéré que les compagnies listées dans des pays séparés et leur actionnaires directs). ICi, nous sommes intéressés par le réseau de participation/détention vraiment global, et plusieurs TNCs ne son pas des compagnies répertoriées (voir aussi SI Appendix Sec.2)

Topologie du réseau
Le calcul du degré de contrôle nécessite une analyse préalable de la topologie. En terme de connectivité, le réseau consiste en beaucoup de petites composantes connectées, mais la plus grande (3/4 des nœuds {!}) contient tous les grandes TNCs en termes de valeur économique, totalisant 94,2% des recettes d’exploitations totales (Tbl1). En sus de es statistiques usuelles de réseau, deux propriétés topologiques sont les plus pertinentes pour le point central de ce travail. La première est l’abondance de cycle de longueur 2 (participation croisées) ou plus (Fig. S7 et SI Appendix Sec.7), qui sont des motisf bien étudiés dans la gouvernance d’entreprise (corporate governance)[19]. Une généralisation consiste à considérer une « composante fortement connectée (SCC), c’est à dire un jeu de firmes au sein duquel chaque membre détient directement et/ou indirectement des actions chez tous les autres membres. Ce type de structure, observé jusqu’ici seulement dans de petits échantillons, a pour explication notamment les stratégies anti-OPA-inamicale, la réduction des coûts de transactions, le partage du risque, l’accroissement de la confiance et les groupements d’intérêts {style GIE}. Quelle que soit son origine, toutefois, ce type de structure affaiblit la concurrence sur le marché[13 14]. La second caractéristique est que la plus grande composante connectée ne contient qu’une seule composante fortement connectée (= SCC) (1347 nœuds). Ainsi, comme le web WWW, le réseau TNC a une structure en nœud-papillon[21] (Fig.2a). Ces particularités sont que la composante fortement connectée ou core, est très petite comparée aux autres sections du nœud papillon, et que la partie hors-section est significativement plus grande que la partie en-section avec tubes et excroissances (Fig.2B and Tbl 1). Le core est aussi très densément connecté, avec des membres ayant en moyenne, des liens vers 20 autres membres (Fig 2 CD). LE résultat de tout cela, c’est qu’environ 3/4 de la propriété des firmes du core reste dans les mains des firmes de ce même core. En d’autre termes, ceci est un groupe tissé serré de sociétés qui, ensemble, détiennent une majorité d’action de chacune d’entre elles.
Notez que l’analyse inter-pays de [11] a pour sa part trouvé que seuls quelques uns des résaux de détentions nationaux sont topologiquement des noeuds papillons, et que, notamment, pour les pays anglo-saxons, les principales composants fortement connectées (SCC) sont grosses en comparées à la taille du réseaux;

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postdave
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MessagePosté le: 23/05/2012, 09:48    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ? Répondre en citant

Je ne comprends pas la dernière colone du doc page 33 "cumul network control" et que le classement soit ascendant sur cette colonne là ?
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 10:34    Sujet du message: [Capital] Qui possède qui ?

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