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[Europe] Le fédéralisme et la crise

 
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MessagePosté le: 21/06/2012, 09:29    Sujet du message: [Europe] Le fédéralisme et la crise Répondre en citant

Citation:
L'Europe a-t-elle vraiment besoin d'un «saut fédéraliste» ?

Face à la crise financière, bon nombre de dirigeants européens brandissent la solution d'un plus grand fédéralisme. C'est le constat dressé par Pierre Levy, notre blogueur associé, qui rappelle les propositions de délégation de souveraineté en tout genre, alors que les peuples sont de plus en plus eurosceptiques.

Nouvelle provocation des dirigeants européens ? Alors que l’intégration européenne gagne chaque jour en impopularité, ils sont de plus en plus nombreux à affirmer en substance : «Nous ne sauverons pas l’euro sans accomplir un "saut" vers une Europe ouvertement fédérale.» A peine les Grecs – à qui l’on avait obligeamment expliqué qu’un mauvais choix entraînerait leur pays dans l’abîme, et la monnaie unique avec – avaient-ils voté que la réalité est réapparue : l’euro n’est en rien «sauvé».

Le grand argentier allemand, Wolfgang Schäuble, qui s’était vu remettre le prix Charlemagne le 17 mai, avait à cette occasion relancé sa proposition d’élire un «président de l’Europe» au suffrage universel, et de transformer la Commission en véritable gouvernement.

Dans une tribune publiée par le Monde le 9 mai, une dizaine de personnalités – parmi lesquelles Romano Prodi (ancien président de la Commission, et du gouvernement italien), Pascal Lamy (en sa qualité de directeur de l’OMC ?) et Jacques Attali (probablement au titre d’expert en tout) – n’hésitaient pas à affirmer : «Le fédéralisme est la seule voie pour éviter une crise majeure qui sacrifierait une génération entière.»

Exprimé en termes plus diplomatiques, c’est manifestement l’esprit du mandat qu’ont confié les vingt-sept au président du Conseil européen. Pour le sommet des 28 et 29 juin, Herman Van Rompuy est chargé d’une étude ouvrant la voie à une «nouvelle étape», voire un nouveau traité – encore un !

C’est dans ce cadre que sont évoquées les euro-obligations (emprunts communautarisés). Si des structures supranationales ayant directement la main sur les budgets des différents Etats-membres sont mises en place, l’opposition de l’Allemagne pourrait à terme être surmontée. Sous couvert d’alimenter la croissance, c’est donc en réalité un objectif très politique qui est discrètement visé.

Cette perspective d’abandon de souveraineté n’a nullement été rejetée par le nouveau ministre français des Affaires européennes. Bernard Cazeneuve a estimé que les euro-obligations «pourraient justifier une intégration plus grande des mécanismes de gouvernance au sein de la zone euro». Pour sa part, le Commissaire européen Michel Barnier, nommé par Nicolas Sarkozy en 2010, a déclaré que le temps d’un «saut fédéraliste» était venu.

Le président de la Commission entend bien nourrir l’étude commandée à M. Van Rompuy. José Manuel Barroso va proposer «une feuille de route et un calendrier» vers une «union économique complète». Pour lui, en effet, «une confirmation au plus tôt des étapes à franchir soulignerait l’irréversibilité et la solidité de l’euro». Sous-entendu : ce qui est pour l’instant loin d’être acquis. Le chef de l’exécutif européen a d’ailleurs exprimé ses préoccupations sur l’état de l’opinion publique, tout en précisant : «Il est normal qu’en période de rudes difficultés économiques, le sentiment public envers l’intégration européenne soit plus négatif.» On ne lui fait pas dire.

M. Barroso a enfin insisté sur le projet d’«union bancaire». Sous couvert de garantir les dépôts à l’échelle de l’UE, il s’agirait de transférer le contrôle (renforcé) des banques, aujourd’hui réalisé par des institutions nationales, vers un régulateur centralisé.

L’union bancaire compléterait la gouvernance centralisée. Quelques jours auparavant, Jörg Asmussen – jeune économiste allemand social-démocrate, qui fut secrétaire d’Etat dans le cabinet d’Angela Merkel avant d’être envoyé par cette dernière au directoire de la BCE – avait plaidé pour de nouveaux transferts de souveraineté budgétaire.

M. Draghi avait pour sa part jeté un pavé dans la mare en proposant un «plan de dix ans» dans cette direction, car «nous devons accepter une délégation de souveraineté budgétaire vers une sorte de gouvernement central». «C’est pourquoi le Pacte fiscal (projet de Traité TSCG) est si important, car il en constitue le point de départ», a-t-il précisé, ce qui éclaire la véritable portée de ce texte.

Déjà, le mécanisme du «semestre européen» (selon lequel chaque pays doit soumettre son cadre budgétaire et de réformes avant le 30 avril à la Commission), ainsi que les clauses prévoyant des sanctions «préventives», constituent des jalons en ce sens (c’est dans ce cadre qu’une mission bruxelloise a été envoyée à Paris, comme dans onze autres capitales, pour étudier les «problèmes de compétitivité» française).

Mais c’est incontestablement à Jean-Claude Trichet que revient la palme. Le prédécesseur de M. Draghi à Francfort (qui avait déjà plaidé pour la mise en place d’un ministre des finances unique pour la zone euro) était l’invité d’un forum mondial des affaires qui s’est tenu en ouverture du G8 à Camp David, près de Washington. Le jeune retraité a proposé que Bruxelles puisse «activer des pouvoirs fédéraux lors de circonstances exceptionnelles». Celles-ci pourraient survenir dès lors qu’un gouvernement ou un parlement de la zone euro s’avèrerait «incapable d’appliquer une politique budgétaire approuvée par l’UE». L’Etat en question pourrait même être déclaré en faillite, et mis sous tutelle – comme une entreprise en redressement. L’auditoire, composé de la crème mondiale des patrons, a réservé un accueil chaleureux à l’audace de M. Trichet.
http://www.marianne2.fr/L-Europe-a-t-elle-vraiment-besoin-d-un-saut-federal…

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MessagePosté le: 21/06/2012, 09:29    Sujet du message: Publicité

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