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Peut-on être de gauche et riche ?

 
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MessagePosté le: 21/04/2013, 12:30    Sujet du message: Peut-on être de gauche et riche ? Répondre en citant

Peut-on être de gauche et riche ? Oui, mais pas n’importe comment…

Citation:
L'opération de strip-tease patrimonial que François Hollande a imposé à la va-vite à ses ministres en contre-feu du traumatisme-Cahuzac n’a pas eu l’effet escompté. Il a même suscité un malaise de voyeur, confirmant un ancien diagnostic de Jean-Luc Mélenchon, qui, sur ce point, n’est pas le Saint-Just que l’on soupçonne : « La transparence, c’est un truc de névrosé ! ».

Le leader du Front de gauche a sans doute raison de juger plus efficace que l’exposition sur la place publique des déclarations de patrimoine et fiscales des élus le renforcement de leur contrôle qui laisse, semble-t-il, à désirer.

Mais en révélant que nombre de ministres sont bien au-delà de la « richesse » que François Mitterrand, rappelons-le, situait au delà de cinq fois le Smic, cette opération de diversion a relancé un vieux sujet de dissertation que l’on ne pose plus depuis longtemps rue de Solferino : peut-on être de gauche et riche ?

Le fait que les trois candidats à la primaire socialiste de 2006 (Royal, Fabius et Strauss-Kahn) fussent tous redevables de l’ISF avait été traité avec grande pudeur. Quand Laurent Joffrin avait ouvert les colonnes de Libération pour recueillir, en pamoison, les inepties de Carla Bruni-Sarkozy expliquant qu’elle était « épidermiquement de gauche »,c’est l’un de ses ex, de droite, Arno Klarsfeld, qui s’étonnait dans un tribune du Monde que l’on ne demande jamais aux riches se disant de gauche ce qu’il faisait de leur argent pour mériter ce titre.

Autre mal élevé, notre ami Jacques Julliard s’est fait traiter de « populiste » pour avoir estimé en 2012 que DSK ne pouvait pas représenter la gauche à l’élection présidentielle. Et les programmateurs de la fête de la victoire de François Hollande n’ont pas été gênés d’y présente en vedette Yannick Noah, très à gauche, mais qui fut aussi très exilé fiscal en Suisse.

La question de la compatibilité entre fortune et engagement à gauche plane donc depuis quelques semaines, mais bien peu ont approfondi le sujet. Stéphane Le Foll, ministre de l'Agriculture, a estimé « qu’être riche et de gauche » était « tout à fait compatible », ajoutant : « d'ailleurs l'Histoire en est pleine ». Le problème est qu’il n’a pas précisé s’il pensait à Blair et Schroeder ou à Marx et Blum…

« Bien sûr qu'on peut être riche et de gauche ! a déclaré de son côté Eva Joly. Etre de gauche, c'est une position philosophique, une conception de la société ».

Ces rares avis sur la question manquent de précision. Le fait de se dire de gauche et de voter à gauche est évidemment un premier geste non négligeable pour un riche : c’est un manière de se décentrer de ses intérêts personnels et de classe que de s’engager par la même à une redistribution des richesses, dont le premier stade est l’acceptation de l’impôt quand tant de riches n’ont qu’un objectif, s’en abstraire.

Le dilemme du riche engagé à gauche n’est en fait guère différent de celui du riche catholique : il ne suffit pas d’aller à la messe pour s’acquitter de son engagement ; il faut en donner des preuves quotidiennes.

Le député socialiste Gaëtan Gorce est allé un peu plus loin en estimant ainsi qu’« être de gauche implique des comportements particuliers, cela suppose des attitudes en adéquation avec les idées que l’on défend ».

Outre une condition quasi-ontologique soulignée par Jean-Luc Mélenchon - « la personne qui a de la richesse doit avoir un regard de gauche sur les conditions dans lesquelles sa richesse est accumulée » - deux attitudes semblent requises du riche qui se veut de gauche.

La première est de veiller à ne pas être déconnecté de la vie de ceux dont on prétend se soucier.

Cela ne veut pas dire partager leurs conditions d’existence ; le peuple n’aime pas que ses représentants fassent peuple, mais qu’ils le représentent en pleine connaissance de ses problèmes dont il attend des solutions.

Ce n’est pas si facile aujourd’hui, tant la ghettoïsation géographique a éloigné et diversifié les conditions d’existence, les riches ne pouvant sans efforts personnels se douter de ce que vivent ceux qui n’ont pas assez. Avant même le sentiment de ne pas être défendu, c’est la conviction d’être ignorés qui a provoqué le clivage entre la gauche et les classes populaires.

L’autre condition est de commencer à partager si l’on est favorable au partage ! Ce qui veut dire consacrer au moins une partie des sommes que l’on possède au delà du superflu pour d’autres finalités que la course au classement des plus grandes fortunes.

Les moyens de le faire sont aussi variés – dons aux œuvres ou aux partis, fondations, aides à des entreprises utiles, etc. - que les finalités, d’Yves Montand généreux pour l’extrême gauche à Bill Gates qui s’est séparé d’une partie de sa fortune au profit d’actions dans le tiers monde.

Près de nous, et quoi que l’on pense de leur choix, il n’est pas douteux que Pierre Bergé, Claude Perdriel ou Xavier Niel font un usage altruiste d’une partie de leur fortune.

Léon Blum revient comme une antienne dans les argumentaires actuels du Parti socialiste, comme exemple d’un riche engagé à gauche. Mais l’on oublie toujours de rappeler qu’il a englouti une partie de son patrimoine pour faire vivre le quotidien de la SFIO, Le Populaire, disparu en 1970…

_________________
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MessagePosté le: 21/04/2013, 12:30    Sujet du message: Publicité

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MessagePosté le: 02/05/2013, 08:36    Sujet du message: Peut-on être de gauche et riche ? Répondre en citant

Bien entendu qu'on ne peut pas être de gauche et riche, ou plutot qu'on ne peut pas etre pour l'égalité et l'accumulation de richesses à la fois.

Or la gauche aujourd'hui, au sens du PS, n'est plus qu'un parti libéral (retour aux sources). Historiquement le socialisme et le communisme n'étaient à pas à gauche. Dans dans cet esprit là, oui on peut etre riche et de gauche.
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MessagePosté le: Aujourd’hui à 09:26    Sujet du message: Peut-on être de gauche et riche ?

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