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Crash course
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Ramite
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MessagePosté le: 07/09/2013, 15:49    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

Néobio a écrit:
pour ma part je crois plus que jamais en un effondrement géo-économique prochain, soudain

bien con celui qui pense cela impossible ^^ il existe plusieurs avenirs possibles qui cohabitent et personne ne peut dire ce qui va ce passer demain
en revanche il en va de même avec ceux qui prétendent que rien ne changera brutalement: sur quelle base peuvent ils l'affirmer? c'est juste la politique de l'autruche

ne pas prendre ses précautions en ce moment : c'est être un âne


Je ne crois définitivement plus à un effondrement brutal de type "crash course", et je voudrais ré-ouvrir le débat en vous exposant ma position.
J'ai choisi de placer ce débat ici car je souhaiterais que Néobio puisse y participer s'il repasse par là. Je déplacerai ensuite le sujet une fois le débat épuisé.

Tout d'abord, la crise a commencé en 2006, donc cela fait déjà plus de 7 ans ; si l'effondrement avait dû être brutal, je pense que ça aurait déjà eu lieu. Un effondrement brutal n'aura été possible que localement, et c'est bel et bien ce qui est arrivé, notamment en Grèce. Mais malgré ça il n'y a pas eu en Grèce de grande famine, de massacres de grande ampleur, et autres situations légitimant un survivalisme paranoïaque.
Une autre crise grecque pourrait peut-être bien se reproduire ailleurs, sauf que la plupart des gouvernements ont compris la leçon et ont pris les devants pour qu'une telle crise ne puisse pas se reproduire, ou à minima que l'atterrissage se fasse plus en douceur.

Ensuite, le pic du pétrole a été atteint, même si le pic tous liquides pas encore, et autres phénomènes satellites du genre qui font mine de repousser la date fatidique. En réalité, la date de fin du pétrole bon marché a déjà été dépassée.

Or, cette fin a modifié grandement les comportements individuels et collectifs : de nouveaux comportements apparaissent, comme le covoiturage, la consommation locale, ou des DIY individuels ou collectifs qui permettent de moins cramer de pétrole, qu'il soit blanc ou gris. Ces modifications de comportements ont pour effet de faire diminuer la consommation, ce qui fait stagner le prix du brut.

Au niveau des entreprises on assiste à un phénomène analogue, de nouveaux marchés se développent, avec des produits moins chers qui auparavant n'auraient pas trouvé preneur par exemple, ce qui permet de moins gâcher, et donc de moins cramer de pétrole.

La masse de chômeurs qui s'accroît (et la diminution des allocations, ou bien l'augmentation de la difficulté à les percevoir) pousse ceux-ci à accepter des boulots moins bien payés, ou aux conditions plus difficiles, ce qui a pour effet de diminuer les coûts des produits à l'arrivée, et à aider les entreprises à remplacer en partie croissante l'énergie fossile par du travail humain. Ou bien ces chômeurs créent des entreprises dans de nouveaux domaines à l'entropie plus basse, ce qui contribue encore à la diminution de consommation énergétique.

Idem avec les investisseurs, qui commencent à comprendre qu'il faut désormais placer son argent dans des secteurs qui développent l'efficacité énergétique et l'efficience économique.

Idem encore avec les investissements publics, bien que ceux-ci aient toujours beaucoup plus de retard. Néanmoins, comme l'état agit toujours d'avantage comme une contrainte qui restreint l'innovation plutôt que comme une aide, on peut considérer (et attester) à l'inverse, que avec la crise l'état peut de moins en moins se permettre d'intervenir, ce qui a donc pour effet de libérer l'économie.

Au niveau de la recherche, il y a bien longtemps que de nombreuses innovations en matière d'efficacité énergétique étaient possibles, mais elles étaient latentes, faute d'investisseurs et d'acquéreurs. Aujourd'hui ce n'est plus le cas, et les possibilités sont énormes, les ressources immenses, j'en entends des exemples quasiment tous les jours.

Bref, tout se passe en douceur, et c'est bien parti pour durer. On va bien entendu assister à des crises des états, dues à leurs dettes et autres dépenses courantes démesurées (subventions, services publics, ...), mais ça ne sera que salvateur. Aujourd'hui la transition se fait en Grèce avec une redoutable efficacité, d'autant plus que l'Etat n'a plus les moyens d'interdire les alternatives. Le terre à terre de ce matin était d'ailleurs en partie consacré à cela.

Au niveau de la géopolitique, les guerres vont lentement diminuer en nombre et en intensité, et l'équilibre se redessiner, car le monde devient multi-polaire, les USA perdant doucement leur suprématie.

Au niveau de la biosphère, ça m'étonnerait qu'on assiste à un emballement de la température du climat, du fait justement de la diminution de la consommation de pétrole. Et le pillage des ressources va cesser de s'intensifier puis progressivement diminuer, puisque de moins en moins de personnes auront les moyens de consommer tous les jours de la viande ou du poisson.

Je pense que la croissance mondiale aura définitivement cessé avant même 2020, et que la décroissance l'emportera alors lentement, pour le meilleur. Dans moins d'un siècle la situation se sera correctement stabilisée.

Bref, pour moi, il n'y a plus aucun risque de "crash course" à l'horizon, certainement pas au niveau global en tous cas, et la France ne fait à mon avis pas du tout partie des quelques candidats potentiels à un effondrement local (mis à part peut-être si une ou deux centrales nucléaires explosent).
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MessagePosté le: 07/09/2013, 15:49    Sujet du message: Publicité

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Alter Egaux
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MessagePosté le: 07/09/2013, 17:17    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

Assez de ton avis, Ramite, mais je laisse cependant la porte à un évènement entrainant un effondrement, effondrement + ou - rapide.
Il existe des cas possibles de ruptures, mais que cela soit pour une civilisation ancienne, comme moderne.
Notre modernité ne nous permet pas d’affirmer que nous sommes plus résilients qu’une autre civilisation passée, qui pour certaines ont perduré des siècles voire des millénaires avant de disparaitre, parfois brutalement.
Des points de rupture ?
Nous les avons abordées dans le sujet déjà identifié ici.

Un inversement du pôle magnétique, un évènement de type comète, un brusque réveil des plaques tectoniques, un virus guerrier, etc…
Les « déluges » retranscrit maladroitement dans les « bibles » montrent que la Terre a pu subir par le passé des ruptures entrainant la fin d’un Monde, à défaut de la fin de la vie sur Terre.
En gros, je crois aux cycles, et comme il est difficile de dater la pierre « taillée », difficile de donner un chiffre exact pour des très anciennes constructions. Mais la multitude de pyramides présentes encore sur notre Terre montre que la civilisation passe et trépasse, réutilisant les monuments laissés à l’abandon comme on recycle la terre d’un composteur, à l’infini.
Mais on s’éloigne du Peak Oil.
Une rupture d’approvisionnement n’est pas exclue, mais nous voyons bien que les Etats dominants prennent d’infinies précautions lorsque la géopolitique du pétrole est en cause.
Bref, je crois donc à une décroissance lente d’une civilisation, avec des marches brusques parfois, voire des découvertes entrainants une remontée possible.
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Etape n°1 : Les africains nomment le pétrole : la "merde" du diable.
Etape n°2 : Restons cool, le PO arrive...
Etape n°3 : "Mais à cet endroit, en ce moment, l'humanité, c'est nous, que cela nous plaise ou non", Samuel Beckett
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postdave
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MessagePosté le: 08/09/2013, 03:37    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

Ton exposé tient à condition que les peuples supportent avec le sourire que leur labeur remplace le pétrole dans l'industrie, avec donc un retour aux conditions de travail du début de l'ère industrielle (baisse du salaire, de la protection sociale, de l'assurance chômage, de l'assurance retraite).
Or je pense que le plus gros point de rupture violent est là, je pense que la révolte gronde plus que jamais.

Il me semble observer un fossé grandissant avec les élites et une désobéissance croissante : absentéisme au travail, refus de cotiser et de payer ses impôts (avec en corolaire travail au noir), économie parallèle et violence liée. Il me semble que tous les pans qui font le "vivre ensemble", la common decency sont en train de s'écouler sous nos yeux. Et ce n'est ni une politique de paix sociale achetée hors de nos moyens, ni un état autoritaire qui changeront le fait qu'on fabrique des générations désabusées qui n'ont plus vraiment d'attentes en l'avenir.

Au niveau social ensuite, ou les 99% finiront bien par guillotiner les 1%. Le truc, c'est que le pouvoir à fait en sorte que ces 99% soient partagés entre eux, créant deux groupes avec des clivages plus ou moins inventés :
- niveau sociétal (anti racisme, homophobie etc) : en mettant sur le devant de la scène ces thématiques, du clive déjà 50%
- niveua social (concept de classe moyenne) : en inventant le concept de classe moyenne, tu fait croire à l'employé de bureau endette sur 20 ans pour sa maison qu'il va payer une fortune avec un risque de déflation, bref qui va travialler toute sa vie pour un tas de caillou en périphérie urbaine, dont les gamains déraperont, qui prendra des cachetons pour tenir qu'il est moins misérable que celui au RSA. Foutaise, ils sont frères de misère. Mais un clivage se fait entre eux, l'un est d'une autre classe et ne peut donc pas épouser facilement la cause de l'autre.
Les pauvres de droites et les pauvres de gauche ne s'allieront pas (c'est la principale stratégie du pouvoir d'ailleurs). Le temps que passent les pauvres à se taper entre eux plutot qu'a taper sur leur maitre, c'est du temps gagné pour le pouvoir et évite la crash course. Mais ça peut changer..... et de manière subite. Quand des générations vivent moins bien que leurs parents, ça n'augure rien de bien bon. Il y a un point de bascule sociale, c'est quand 20 à 30 % des gens n'ont plus d'attentes ou plus d'espoir. Là ça pète, et je me demande dans quelle mesure la police et l'armée sont encore bien fidèle au pouvoir en place.

Niveau économique, là on sera d'accord, il n'y a aucune solution pour sortir de la dette.
- À terme plus rien ne financera la protection collective (chomage, maladie, retraite). Tu m'as plus ou moins convaincu non pas que c'est tant mieux, mais que des solutions coopératives hors état sont possible, mais le passage de l'un à l'autre serait d'une violence énorme.
- le risque est à la fois inflationiste et déflationniste. Les cartes seront rebattues, et des vies de labeur seront ruinées.
La décroissance inéluctable que tu ne conteste pas, est absolument, structurellement incompatible avec notre économie.
- Localement, il est indéniable que le système de prêt bancaire est à l'arrêt. La banque ne finance plus que très partiellement l'économie, le tissu de PME est sauf exception en train de piocher dans les réserves. Rien de dramatique, mais simplement grace à l'endettement toujours plus grand des états, qui permette que garder une pouvoir d'achat correct aux gens (qui en sont de moins en moins satisfait) mais ça ne pourra pas durer. Les pays qui semblent aller bien vivent d'une rente de situation (bancaire pour la suisse, ressources fossiles pour de nombreux autres pays).

Niveau géopolotique : Historiquement des pays comme le notre ont grandi par le pillage des pays pauvre. Comme je le disais, sortis des pays qui ont de la ressource interne, norvège par exemple, tout le monde déchante. Le fameux modèle du voisin suédois à du plomb dans l'aile avec les émeutes récentes. Il n'y a pas de magie, l'occident a toujours vécu sur le dos des pays pauvres, qui sont devenus des poudrières ou qui prennent leur envol à leur tour plus ou moins maladroitement (brics, dont je n'imagine pas un avenir radieux comme on nous bassine, mais qui clairement seront des concurents alors qu'ils étaient des esclaves). Quant à conserver par la force ces positions, on voit bien que c'est impossible, tant les intérêts des puissances d'hier divergent (gateau plus petit à partager), et tant les rapports de force objectifs s'équilibrent.

Finalement, c'est bien du côté ressource qu'on souffre le moins (je l'avais toujours plus ressenti comme ça). Car c'est le côté agréable de la décroissance, tu ne bosses plus, tu ne crames plus de gasoil. Tu bricoles un filtre à huile de friture pour ta mercos de 1984, et roule gratuit. Tu met plus de fuel dans la chaudière mais des pelets de déchets de scierie que coutent rien encore. Sur l'immédiateté l'effet est positif, mais n'est pas généralisable. En effet si personne ne bosse plus, l'écroulement serait rapide (des millions de fonctionnaires, de banquiers, d'agents d'assurance, vivent strictement du travail des autres). Si tout le monde roule à l'huile de friture, les restaurants n'en produiront plus assez. Le déchets de scierie permet de faire des granules pas cher, mais un jour sera valorisé plus qu'un déchet et coutera une blinde. Bref, rien de durable.

La situation est pour moi très instable, on vit à mon sens le crash course, simplement l'échelle de temps n'est pas graduée comme certain le pensaient. Par contre le mécanisme est inéluctablement en marche.
Car plus que jamais la décroissance va se faire à marche forcée, et bien entendu pas de scénario type la route, mais des printemps arabes plus ou moins violents de partout, épisodiquement, une gethoïsation d'une part des structures sociales des pays occidentaux (à la mode marseillaise, une quartiernorisation violente de toutes les zones urbaines à forte densité ou le chômage dépasse 25%) et pendant des dizaines d'années.
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Ramite
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MessagePosté le: 08/09/2013, 07:49    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

Alter Egaux a écrit:
Un inversement du pôle magnétique, un évènement de type comète, un brusque réveil des plaques tectoniques, un virus guerrier, etc…
Mais on s’éloigne du Peak Oil.

Oui, on s'éloigne du PO. Le risque est extrêmement faible, la probabilité trop basse pour légitimer qu'on s'en inquiète ; et les conséquences seraient si graves qu'une préparation n'y changerait pas grand chose...

Alter Egaux a écrit:
Bref, je crois donc à une décroissance lente d’une civilisation, avec des marches brusques parfois, voire des découvertes entrainant une remontée possible.

Très bien résumé.
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Ramite
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MessagePosté le: 08/09/2013, 08:35    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

postdave a écrit:
Ton exposé tient à condition que les peuples supportent avec le sourire que leur labeur remplace le pétrole dans l'industrie, avec donc un retour aux conditions de travail du début de l'ère industrielle (baisse du salaire, de la protection sociale, de l'assurance chômage, de l'assurance retraite).
Or je pense que le plus gros point de rupture violent est là, je pense que la révolte gronde plus que jamais.

Les peuples n'ont pas vraiment le choix. Mais il suffit de se tenir éloigné des émeutes et des possibles révolutions, qui en effet n'apporteront rien de bon. De tels points de rupture violents ne sont l'affaire que de quelques places symboliques, de quelques bâtiments représentatifs. Aucun risque pour le commun des mortels qui s'en tient bien à l'écart.

postdave a écrit:
Il me semble observer un fossé grandissant avec les élites et une désobéissance croissante : absentéisme au travail, refus de cotiser et de payer ses impôts (avec en corolaire travail au noir), économie parallèle et violence liée. Il me semble que tous les pans qui font le "vivre ensemble", la common decency sont en train de s'écouler sous nos yeux. Et ce n'est ni une politique de paix sociale achetée hors de nos moyens, ni un état autoritaire qui changeront le fait qu'on fabrique des générations désabusées qui n'ont plus vraiment d'attentes en l'avenir.

En effet, mais c'est là que je vois une opportunité, quand tu vois un problème Mr. Green

Citation:
Au niveau social ensuite, ou les 99% finiront bien par guillotiner les 1%. Le truc, c'est que le pouvoir à fait en sorte que ces 99% soient partagés entre eux, créant deux groupes avec des clivages plus ou moins inventés
Les pauvres de droites et les pauvres de gauche ne s'allieront pas

Aucun souci, de toutes façons les solutions seront forcément individuelles, plutôt que collectives. D'ailleurs il faudra une diversité de solutions, donc c'est tant mieux si tout le monde ne comprend pas en même temps, et pas de la même manière. Mais les 1% sont de toutes façons condamnés, ils vont bcp y perdre, car leur existence et leur puissance est proportionnelle à la disponibilité énergétique et logistique de la société, laquelle est forcément amenée à décroitre.

Citation:
Niveau économique, là on sera d'accord, il n'y a aucune solution pour sortir de la dette.
- À terme plus rien ne financera la protection collective (chomage, maladie, retraite). Tu m'as plus ou moins convaincu non pas que c'est tant mieux, mais que des solutions coopératives hors état sont possible

Tant mieux Okay

Citation:
- Localement, il est indéniable que le système de prêt bancaire est à l'arrêt. La banque ne finance plus que très partiellement l'économie, le tissu de PME est sauf exception en train de piocher dans les réserves.

D'autres moyens de financement sont en train d'être inventés, les banques traditionnelles, de connivence avec les Etats, sont pourries, et plus vite on pourra s'en passer, mieux ça sera. Mais les investisseurs sont nombreux, ils ont de l'argent à placer, et ils sont bien décidés à trouver des moyen pour rentabiliser leurs placements.

Citation:
Niveau géopolitique : Historiquement des pays comme le notre ont grandi par le pillage des pays pauvre. Comme je le disais, sortis des pays qui ont de la ressource interne, norvège par exemple, tout le monde déchante. Le fameux modèle du voisin suédois à du plomb dans l'aile avec les émeutes récentes. Il n'y a pas de magie, l'occident a toujours vécu sur le dos des pays pauvres, qui sont devenus des poudrières ou qui prennent leur envol à leur tour plus ou moins maladroitement (brics, dont je n'imagine pas un avenir radieux comme on nous bassine, mais qui clairement seront des concurrents alors qu'ils étaient des esclaves). Quant à conserver par la force ces positions, on voit bien que c'est impossible, tant les intérêts des puissances d'hier divergent (gâteau plus petit à partager), et tant les rapports de force objectifs s'équilibrent.

Rien à ajouter Okay

Citation:
Finalement, c'est bien du côté ressource qu'on souffre le moins (je l'avais toujours plus ressenti comme ça). Car c'est le côté agréable de la décroissance, tu ne bosses plus, tu ne crames plus de gasoil. Tu bricoles un filtre à huile de friture pour ta merco de 1984, et roule gratuit. Tu ne mets plus de fuel dans la chaudière mais des pellets de déchets de scierie que coutent rien encore. Sur l'immédiateté l'effet est positif, mais n'est pas généralisable. En effet si personne ne bosse plus, l'écroulement serait rapide (des millions de fonctionnaires, de banquiers, d'agents d'assurance, vivent strictement du travail des autres). Si tout le monde roule à l'huile de friture, les restaurants n'en produiront plus assez. Le déchets de scierie permet de faire des granules pas cher, mais un jour sera valorisé plus qu'un déchet et coutera une blinde. Bref, rien de durable.

Toutes ces alternatives vont devenir payantes, mais parce qu'elles vont donner naissance à ces métiers à plus faible entropie dont je parlais. ça va donc redonner du travail à beaucoup de gens, mais ils gagneront moins d'argent, et surtout ils devront se retrousser les manches et mettre les mains dans le cambouis. Tous les métiers du recyclage, tous les métiers qui proposent des solutions d'efficacité énergétique, etc. Il y aura un immense panel de solutions différentes : un tiers des voitures seulement roulera, avec 20 ou 30% d'huile, mais elles rouleront toutes aux 3/4 pleines de covoitureurs, en faisant vivre au passage des sites internet de covoiturage, des entreprises qui collectent les huiles et les filtrent, etc.
Les fabricants vont se remettre à produire des outils qui peuvent être réparés, puisqu'il y aura à nouveau une demande pour cela, et les bricoleurs vont se reconvertir en artisans de la réparation d'outils.
Les métiers du tri des ordures et des décharges vont se créer lorsque les collectivités locales seront ruinées, et qu'elles arrêteront de financer outrageusement les mafias des déchets, qui s'engraissent avec nos impôts. Ce tri créera de nombreux métiers du recyclage, compost et méthanisation, métaux, bois, isolations en tissus, etc. Ces métiers existent déjà, des pays entiers sont émergents parce qu'ils surfent sur cette demande ; et c'est d'ailleurs pour cela aussi qu'ils ne seront jamais plus qu'émergents : l'entropie. Mais ces métiers et ces spécialités vont se relocaliser, s'intensifier et devenir de plus en plus compétitifs. On recyclera de plus en plus et de mieux en mieux.
Plus vite les Etats tomberont et plus vite ce changement pourra se faire : les Etats sont des freins à l'innovation, parce qu'ils créent des conditions artificielles qui faussent l'évolution du marché. Les interventions pour s'approprier les derniers champs de pétrole en sont un très bon exemple.

Citation:
La situation est pour moi très instable, on vit à mon sens le crash course, simplement l'échelle de temps n'est pas graduée comme certain le pensaient. Par contre le mécanisme est inéluctablement en marche.
Car plus que jamais la décroissance va se faire à marche forcée, et bien entendu pas de scénario type la route, mais des printemps arabes plus ou moins violents de partout, épisodiquement, une gethoïsation d'une part des structures sociales des pays occidentaux (à la mode marseillaise, une quartiernorisation violente de toutes les zones urbaines à forte densité ou le chômage dépasse 25%) et pendant des dizaines d'années.

Nous sommes donc d'accord, mais il ne s'agit justement pas d'un scénario type crash course, scénario qui nécessite de se constituer des stocks de nourriture et de médicaments, et autres délires paranoïaques et/ou autonomisants. L'avenir est dans l'investissement judicieux dans une entreprise d'avenir et efficiente, qui fournira des biens ou services permettant de produire de l'nrj renouvelable, ou de développer individuellement ou collectivement l'efficacité énergétique.
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postdave
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MessagePosté le: 10/09/2013, 08:52    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

Tu es donc toujours convaincu qu'il y aurra des évènements violents, même sporadiques et circonscrits. Mais leur ampleur, leur répercutions territoriales et leur intensité est impossible à deviner encore.
Tu sous évalue peut etre l'influence des néo-ruraux. Eux comme les décroissants vivront avec peu, mais eux ne l'auront pas choisi. Ce phénomène est déjà visible dans les zones rurales proches des aglomérations, on des familles trouvent refuge car ne peuvent plus se loger en périphérie urbaine ni dans le centre agglomération. Il existe déjà des tensions et des décalages importants entre population venues ici pour profiter de la qualité de vie, et celles contraintes.
La violence ce n'est pas forcément l'insurrection armée. Celà peut etre les petits kosovars du camp d'à côté qui te pourrissent la vie, les jeunes du voisins qui bricoles des quads et ruines les cultures communales, les néoruraux qui avec la tronçonneuse se servent dans les bois au hasard etc. Ce climat tendu, dans un contexte qui s'empirerait serait vite invivable, il s'en faut peu pour que ça dérape (surtout avec des populations armées).

Bref, insurrection violente mais circonscrite aux grandes villes, mais climat délétère qui peut vraiment essaimer de partout (j'ai plus les chiffres, mais l'exode urbain à Athènes était assez spectaculaire dès 2010) avec des violences moins télévisuelles mais bien réelle et ce même dans les campagnes.
La situation complètement isolée me semble quand même la meilleure garantie de tranquillité, alors que tu sembles penser que tu sera à l'abris à peine sortie des grandes villes.

La désobéissance n'est pas un problème en soit, si ce n'est qu'en ruinant le système on est a peu près sur d'avoir une transition violente (les gens armés, regroupés, organisés auront le dessus sur le moment le temps que ça s'équilibre). Et non je ne pense pas que les bourgades rurales soient beaucoup plus calmes alors, au contraire, néo ruraux, traditionalistes et absence de force de l'ordre, ça fait un joyeux cocktail.

Pour moi crash course c'est surtout la notion d'exponentielle qui échape au cerveau humain. L'idée du nénuphare qui double sa surface chaque jour. Là il a mis 3 ans à couvrir 25% du lac, or le lac sera complètement recouvert dans 2 jours.
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Ramite
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MessagePosté le: 10/09/2013, 13:11    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

postdave a écrit:
Pour moi crash course c'est surtout la notion d'exponentielle qui échappe au cerveau humain.

En fait, c'est surtout ce phénomène exponentiel que je remet en question depuis peu, et c'est justement ce que j'ai introduit ici.

postdave a écrit:
La situation complètement isolée me semble quand même la meilleure garantie de tranquillité, alors que tu sembles penser que tu seras à l'abri à peine sorti des grandes villes.

Non, je suis d'accord, il est évident que le pire, c'est la périphérie des villes. Je n'ai en effet pas mentionné ce point, les classes moyennes vont de plus en plus devenir une cible, tant pour l'Etat (impôts) que pour les mafias (cambriolages et rackets) parce qu'ils ont suffisamment d'argent pour qu'on puisse leur en prendre, mais pas assez pour pouvoir réellement se défendre.
Pour autant je ne pense pas qu'il soit nécessaire de quitter la ville si on y a un emploi assuré, d'autant plus s'il est d'avenir, "transition-compatible". Ni même la périphérie des villes ; simplement il est des lieux où il faut consacrer plus d'énergie à la sécurité que d'autres. Mais c'est déjà le cas aujourd'hui, les différences de situation ne vont que s'amplifier, on ne va assister à rien d'autre qu'à une amplification des disparités actuelles.

postdave a écrit:
La désobéissance n'est pas un problème en soit, si ce n'est qu'en ruinant le système on est a peu près sûrs d'avoir une transition violente (les gens armés, regroupés, organisés auront le dessus sur le moment le temps que ça s'équilibre). Et non je ne pense pas que les bourgades rurales soient beaucoup plus calmes alors, au contraire, néo ruraux, traditionalistes et absence de force de l'ordre, ça fait un joyeux cocktail.

Le système n'a pas besoin de nous pour courir à sa ruine Mr. Green
Et bien naïf est celui qui pense qu'en le soutenant il lui permettrait de perdurer d'avantage : il ne se ferait que d'avantage pigeonner !
Au contraire, plus longtemps ce système artificiel va perdurer, plus brutale sera la chute. La taille des entreprises et des Etats est strictement proportionnelle à leur disponibilité énergétique et logistique, et actuellement cette disponibilité est artificiellement entretenue à un niveau supérieur à la disponibilité naturelle, à coup d'endettement et de surexploitation des ressources. Plus vite on tombera, moins on tombera de haut.
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Yab Léo
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MessagePosté le: 11/09/2013, 07:45    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

postdave a écrit:

(j'ai plus les chiffres, mais l'exode urbain à Athènes était assez spectaculaire dès 2010)


Salut.

Les derniers chiffres que j'ai lu sont de 14%...Enorme.
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"L'intelligence n'est rien sans la conscience de notre responsabilité vis à vis des autres formes de vie."
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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:21    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

les USA vont exploser un jour ou l'autre: c'est certain, l'espérance de vie chute, la morale s'effondre, la crédibilité US s'effondre très rapidement, des tas de villes sont en faillites c'est catastrophique quand on compare avec les années 60 où les gens étaient bien élevés, bien éduqués, bien nourris, débrouillards etc

la chine suivra car les usa sont leur premier client et déjà ils ont du mal à contenir les multiples émeutes
ce sera le chaos mondial pour quelques années, et quand l'économie repartira ce sera la Russie (gaz pétrole ; blé et charbon); l'inde et la chine qui seront les mieux placés surtout que le chaos continuera aux USA qui n'hésitera pas (pourquoi pas) à envahir le vénézuéla s'il le faut
perdant ainsi sa crédibilité totalement et durablement

des milliards de personnes auront disparue en quelques années

ce sera le schéma des wagons car ça repartira

mais comme tous les système ont une géométrie fractale: les bulles du capitalisme financiarisé sont possibles à plusieurs échelles de grandeur
donc :
-au plus elles sont fréquentes au plus elles sont petites
-en revanche les plus rares sont les plus grosses

c'est pareil pour les vagues sur la mer, de temps en temps il y en a une plus grosse que les autres (vague scélérate)
pareil pour les grêlons de temps en temps l'un d'entre eux fait plus de dégât et cabosse la voiture
pareil pour le vent, souvent des tempêtes et parfois la tempête du siècle..

pour les bulles du crédit pourquoi serait-ce différent?

Inutile de faire des calculs car l'histoire se répète et les effondrement sont la norme

qui peut dire que notre civilisation basée sur la transformation et utilisation du carbone fossile comme matière première principale peut résister à son déclin?


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la "transition" a débuté en 73 , elle consiste en une prise de pouvoir d'un système encore plus capitaliste et moins contrôlable: il n'y aura donc pas de transition d'adaptation à la déplétion
certes on va passer au gaz et au charbon et la syrie en est un bon exemple des enjeux que les pouvoirs ont déjà compris
mais ce ne sera pas avant un effondrement nécessaire
Car il faut un choc de forte intensité pour pouvoir imposer aux peuples les nouvelles mesures qui sont actuellement inacceptables.


une autre idée: l'effondrement est en cours depuis 5ans et nous refusons simplement de le voir





un conseil: abandonnez tous vos projets de crédit, d'achat en ville, investissez dans la terre dans les zones peu peuplées et apprenez à faire pousser du blé et des haricots rapidos
et n'imaginez pas que c'est facile, faisable au dernier moment, et que les semences sont faciles à trouver...


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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:25    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:26    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:29    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

au fait: je n'ai aucun plan B Wink juste un putain de gros plan A
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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:40    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

mais je peux me tromper
dans ce cas il reste simplement ceci

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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:50    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

une chose est certaine: nos gamins ne connaitrons jamais plus l'espoir d'une vie meilleure
un million d’espèces vivantes ont été éradiquées, la météo va muter, la nourriture sera encore plus frelatée, l’espérance de vie va décroitre , une vie de labeur sera la norme pour les sans terres
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MessagePosté le: 19/09/2013, 20:51    Sujet du message: Crash course Répondre en citant

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